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Q&R : Mes conseils d'encadrement


Quercus x rosacea, triptyque, illustrations botaniques au graphite

Comment choisir un type d’encadrement pour mettre en valeur un dessin ? Quelle est la différence entre un passe-partout et une Marie-Louise, et pourquoi les utiliser ? Quel type de verre choisir ? Quelles sont les éléments importants à savoir pour encadrer un dessin ou un tirage d'art ? Comment bien placer une œuvre dans un intérieur et comment l’accrocher en toute sécurité ? A quelle hauteur accrocher une oeuvre ? Ou trouver un cadre adéquat pour un dessin ou une peinture ?

Ce sont autant de questions que vous m’avez posées dans ma boîte à questions et auxquelles j’ai donné quelques éléments de réponse dans ma newsletter. Le sujet est vaste et méritait d’être développé, je reprends donc dans cet article les différents points liés à vos questions à propos de l’encadrement d’œuvres d’art.


Si un certain nombre d'artistes font le choix de ne pas encadrer leurs œuvres, souvent pour des raisons esthétiques, l’encadrement reste un élément important pour la protection d’une œuvre, mais aussi pour sa mise en valeur. En effet, l’enjeu est de ne pas dénaturer l’œuvre mais de trouver une possibilité à la fois de la protéger et de la présenter avec harmonie, voire même de trouver une façon de l’accorder avec l’environnement qui est destiné à l’accueillir.



Quelle est la différence entre un passe-partout et une Marie-louise ? Pourquoi les utiliser ?

Le passe-partout et la Marie-louise sont deux dispositifs d’encadrement bien distincts dans leurs caractéristiques et utilisations, mais qui ont en commun de donner de la profondeur à l’encadrement d’une œuvre en instaurant une distance entre celle-ci et son cadre.


Le passe-partout est une feuille de carton rigide placée entre l'œuvre et la plaque de verre. Il a pour fonction de protéger l'œuvre en l’isolant de la vitre, de sorte qu’elle ne soit pas en contact direct avec le verre ou le plexiglass, tout en créant une marge qui met en valeur une œuvre. Le plus souvent de couleur blanche, ivoire ou beige, le passe-partout peut aussi être coloré, texturé ou bien gainé de tissu et ainsi jouer avec les teintes de l’œuvre et des baguettes du cadre. L’ouverture du passe-partout est découpée en forme de biseau. Cette « fenêtre » qui laisse apparaître l’œuvre peut aussi bien être découpée avec des formes sur mesure, voire même rondes ou ovales. Le passe-partout est souvent utilisé pour des gravures, des affiches, des dessins, des estampes, des photos, etc. Plus utilisée pour les toiles peintes et pour les réalisations en grands formats, la Marie-louise est un cadre intermédiaire placé entre la toile et les baguettes du cadre principal. Elle crée ainsi de la profondeur et une transition entre le cadre et l’œuvre, lui donnant alors un espace pour s’affirmer, accentuant aussi une certaine sensation de préciosité.

Très souvent dorée ou recouverte de velours dans les encadrements classiques d’antan, elle se renouvelle et se décline de manières la plus simple à la plus sophistiquée, allant des tons classiques aux plus originaux. Parfois considérée comme faisant partie intégrante du cadre, elle est aussi très utilisée dans les types d’encadrements qui ne présentent pas de vitre.


Le passe-partout et la Marie-louise ne sont en revanche pas toujours indispensables et peuvent être remplacés par un pré-cadre caché par les baguettes de ce dernier. Selon le type d’œuvre encadrée, l’absence de ces dispositifs peut ainsi laisser toute la place au hors-champ et à la richesse imaginative qu’il peut amener.

S’il est intéressant de jouer sur la couleur et la texture du passe-partout et de la Marie-louise pour créer un dialogue avec l’œuvre (voir avec la couleur du mur sur lequel le cadre est destiné à être positionné), il est important de garder en tête que le passe partout doit accompagner l’œuvre sans prendre le dessus sur l'attention du regardeur, en guidant le regard vers elle sans le retenir.




Verre, verre synthétique, verre anti-UV, anti-reflets ?


Il existe plusieurs possibilités en matière de verre d’encadrement. Parmi celles que l’on retrouve le plus couramment, en voici une petite sélection ainsi que leurs avantages et inconvénients :


Le verre synthétique (plexiglass, notamment). Il a l’avantage d’être léger, facilement transportable et re-coupable, peu fragile à la casse (bien qu’il soit en général beaucoup plus sensible aux rayures que le verre) et un coût raisonnable. Il existe des types de verres synthétiques anti-UV, ce qui les rends très intéressants vis-à-vis des problématiques de conservation.

Le verre classique, le plus utilisé, à l’avantage d’avoir un coût assez bas et des reflets souvent plus esthétiques que le verre synthétique basique. Il protège une œuvre de son environnement (poussière, humidité et petits doigts curieux !), mais comme tous les verres, il a l’inconvénient d’être fragile et assez lourd à transporter et à suspendre, notamment s’il s’agit d’un grand format.

Certains verres dits « invisibles » ont des caractéristiques techniques et esthétiques assez incroyables. Ils apportent une forte protection UV, très appréciée pour la conservation d’une œuvre, et se font oublier tant les reflets sont minimes. Leur pourcentage de réflexion de la lumière est aussi très différent de celui d’un verre classique, accentuant la protection de l’œuvre encadrée. Le coût de ces matériaux est certes plus élevé, mais tout à fait justifié. Que ce soit sur le plan esthétique ou sur celui de la conservation, ces types de verres sont donc à privilégier.

Enfin, il est aussi possible d’encadrer un dessin ou une peinture sans utiliser de vitre. La caisse américaine est ainsi un encadrement très apprécié pour sa modernité et pour le fait qu’aucune zone de l’œuvre ne soit alors cachée, pas même le champ d’une toile peinte. L’œuvre rayonne et révèle alors au mieux ses couleurs et textures, mais elle est aussi moins protégée des éléments extérieurs (poussière, rayons UV, etc)…



Protection & Sécurité : ou placer (et surtout ne pas placer !) son œuvre encadrée


Quel que soit le type d’encadrement choisi, on privilégiera un endroit sec et à l’abri d’une forte source de lumière naturelle pour l’emplacement d’une œuvre, qu’il s’agisse d’un original ou d’un tirage d’art. Les endroits proches d’une source de chaleur ou d’un point d’eau sont aussi à éviter, de sorte à prévenir tout accident ou déformation du cadre mais aussi de détérioration de l’œuvre, selon la technique de peinture, dessin ou impression qui a été utilisée et qui rend le dessin plus ou moins sensible à ces paramètres. Dans le doute, n’hésitez pas à questionner l’artiste ou la galerie a qui vous avez acheté l’œuvre.


Le second point important consiste en la fixation du cadre au mur et donc dans le choix du système d’accrochage de votre œuvre encadrée. Plusieurs systèmes sont possibles, mais c’est dans tous les cas un point à penser au moment de l’encadrement, notamment en fonction de son poids. En effet, un petit format pourra être accroché avec un système très simple de clou voire d’aimants en néodyme ou bien tout simplement posé sur un meuble, là où un grand format encadré avec du verre pourra s'avérer assez lourd et devra être accroché avec un système choisi en conséquence : rails, vis et chevilles au mur en plusieurs points, etc.






Quel style d’encadrement choisir pour mettre en valeur un de vos dessins botaniques ?


Le cadre peut avoir le potentiel de révéler une œuvre, il dialogue avec elle notamment avec l'harmonie de ses couleurs et ses textures, mais aussi potentiellement en créant un contraste révélateur. Il peut être un moyen de sublimer une œuvre tout en créant un dialogue avec elle.

Le choix du style d’encadrement se fait principalement en équilibre avec l’œuvre qu’il protège, mais aussi en fonction des envies et de l’environnement dans lequel se trouvera l’œuvre. Il peut être pertinent de demander conseil à l’artiste, ou bien de s’inspirer d’un type d’encadrement déjà utilisé lors de ses expositions, par exemple.

Il existe un très grand choix de styles de baguettes, selon l’esprit d’encadrement souhaité, elles peuvent êtres simples, larges, plus ou moins affirmées et raffinées, classiques, modernes, sobres ou plus imposantes ; avec des matières comme l’inox, l’aluminium, les matières plastiques ou encore naturelles comme le bois. Les teintes et les finitions peuvent elles aussi être très variées pour s’adapter au mieux à l’œuvre avec laquelle elles dialoguent : mates, lisses, patinées, laquées, en bois brut, vernis, huilé,… les possibilités sont multiples. Personnellement, parmi cet éventail de possibilités, j'apprécie les cadres sobres et les baguettes en bois clairs, notamment le chêne que je choisis souvent, et qui se marie bien avec les teintes chaudes des papiers que j’utilise, ainsi qu’avec des dessins au graphite ou en noir et blanc. L’association d’un dessin au graphite et des teintes chaudes du bois dégage une certaine douceur que j’apprécie dans le rendu du dessin encadré. Selon le contexte dans lequel le dessin encadré sera placé, j’opte aussi pour des cadres en métal noir aux baguettes fines, pour rehausser le contraste d’un dessin sur fond coloré, par exemple, ou bien des cadres blancs pour un contexte plus muséal ou pour unifier une série. Un dessin très léger au graphite pourra par exemple être plus affirmé avec un cadre en métal noir qui accentuera une sensation de stabilité, de robustesse, de force, là ou un cadre aux baguettes fines et claires (ou en bois clair) donnera plutôt une sensation de finesse, de délicatesse. Selon l'environnement dans lequel le dessin est destiné à être placé, le noir, plus franc, peut être une bonne solution pour créer du contraste et mettre en valeur le dessin, avec des baguettes plutôt fines. A l’inverse, si vous optez pour un cadre très clair, les baguettes pourront être plus larges, sans qu'elles ne prennent le dessus sur le dessin... L'encadrement est avant tout une question d’harmonie et de choix très personnels !



Jardin botanique de Glasgow, Écosse



Ou trouver un cadre adéquat pour encadrer un dessin ou une peinture ?


Trois options s’offrent alors à vous : trouver un cadre prêt à poser, faire appel à un encadreur ou bien, troisième option, faire appel à votre créativité !

Le choix va alors se faire selon le budget consacré à l’encadrement, le temps que vous pourrez y consacrer et les outils que vous avez à votre disposition, mais aussi la taille du dessin à encadrer. En effet, certains cadres du commerce pourront tout à fait convenir là où certains formats nécessitent un cadre sur mesure. Vous trouverez chez les professionnels de l’encadrement un vrai savoir-faire et des matériaux d'une qualité supérieure, mais aussi un choix beaucoup plus large de baguettes de types de verres.


Si vous optez pour un cadre déjà fabriqué, on en trouve de nombreux modèles dans les magasins de décoration, de bricolage ou encore en magasin de beaux-arts, mais qu’il est aussi possible de faire de belles trouvailles d’occasion dans les boutiques des associations de solidarité (Emmaüs, Secours populaire, etc), dans les dépôt-ventes, les brocantes et autres vide-greniers.


Enfin, la troisième option qui s’offre à vous est de vous lancer vous-même dans la fabrication de votre propre cadre. Que vous n’ayez pas trouvé votre bonheur dans le commerce ou que vous souhaitiez un cadre unique, il vous est possible d’en confectionner un vous-même en utilisant des matériaux originaux comme le bois flotté, par exemple, ou des bois locaux que vous trouverez par exemple dans une scierie.



Hauteur d’accrochage, distance de visualisation… des choix aux répercussions fortes


Les possibilités d’accrochage sont nombreuses, et peuvent drastiquement changer notre approche ou notre regard sur une œuvre. Parmi les paramètres qui ont leur importance, la hauteur d’accrochage et la distance de visualisation sont des facteurs décisifs. On ne regardera pas de la même façon un cadre humblement posé sur un buffet qu’une œuvre qui nous surplombe. De cette façon, un grand format simplement posé au sol ou accroché en hauteur d’une pièce sera perçu complètement différemment. Imaginez un grand portrait à l’échelle réelle qui vous regarde en face à face ou en plongée, la sensation produite en est pour le moins quelque peu différente ! En fonction du niveau de détail de l’œuvre et de ce qu’elle figure, il sera donc plus ou moins intéressant de pouvoir l’observer de près et donc de la positionner à hauteur du regard (l’accrochage classique étant généralement considéré à 1m60 au milieu de l’œuvre, mais il varie aussi en fonction des époques et des tendances). Un petit dessin très détaillé sera par exemple très apprécié dans une petite pièce ou un espace où la prise de recul est restreinte et où il est confortable de s’arrêter pour prendre le temps de l’observer, là ou un grand tableau abstrait demandera une distance de visualisation plus importante (à moins ce que vous souhaitiez être en immersion dans la touche et la matière du tableau, tout est question de choix !). En fonction de l’effet souhaité et de la relation qui vous lie à l’œuvre, les possibilités d’accrochage voire de mise en scène sont multiples, à vous d’expérimenter !




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